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Vendredi 26 Février 2021
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La sagesse du conférencier

La sagesse du conférencier

Théâtre PANDORA, Paris

La sagesse du conférencier
Une pièce atypique à ne pas manquer. Cette comédie surprend par son intensité.


La sagesse du conférencier
Une pièce atypique à ne pas manquer. Cette comédie surprend par son intensité. Pièce atypique parce que les interprètes ne sont pas des professionnels de la scène. Didier Celiset est écrivain, Lydie Guillosson débute. Didier Celiset s'est produit dans trois one man show, parenthèses qu'il ressent comme un besoin. La nouveauté ? Lydie Guillosson lui donne la réplique, et quelle réplique ! Les échanges vifs s'enchaînent et s'enchâssent autour des mots choisis pour leur audace, leur démesure, leur sagesse aussi, fondements du spectacle. La saveur des réparties tient de l'opposition entre les deux personnages.
Nous voyons d'un côté un homme irascible (l'auteur de la conférence) et, lui faisant face, une jeune femme allègre et malicieuse (la correctrice, recrutée à l'essai). Alors que celle-ci doit corriger le style de la conférence, la maladresse de l'écrivain va lui faire outrepasser sa mission en démontant les théories de ce dernier pourtant âprement défendues.
Le charme de "La sagesse du conférencier", au-delà des mots, vient de l'enthousiasme des interprètes à incarner leurs personnages. Ils parviennent à transmettre au public leur jeu de scène époustouflant. Que naîtra-t-il de cette lutte ? La fin de la pièce est une brillante leçon de vie.
Catherine Vincensini Ecrivain public
Avec Lydie Guillosson et Didier Celiset
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Fiche

Archivé


Informations:
Artiste(s):
Lydie Guillosson et Didier Celiset

Auteur(s):
Didier Celiset

Mise en scène:
Didier Celiset

Durée:
1h30

Type de public:
Tout public

Site web:

Age mini:
16 ans

Langue:
Français

Lieu :
Théâtre PANDORA
30 rue keller
75011
Paris, France

à l'affiche
A noter:

Lydie Guillosson conservatoire art dramatique
2 Courts métrages en 2015
Rôle principal "La sagesse du conférencier"

L'interview
- C’est votre première comédie au théâtre. Comment est né ce projet ?
- Il s’agit de l’adaptation d’un de mes livres ‘’La sagesse du conférencier ‘’, en fait j’ai modifié le personnage de la correctrice, désormais plus théâtral et plus jeune. Cette correctrice se profilait déjà dans mon 2 ème one man show. Cette fois-ci, elle est sur scène, allègre, pétillante. Par contre le conférencier, c’est moi, comme dans le livre sauf que j’ai théâtralisé. Le personnage est devenu caricatural, agressif, mais c’est le même fond, le conférencier garde sa philosophie, ses idées restent les mêmes. C’est un humaniste, un écorché, un de ces blessés qui finissent par s’isoler.
- Pourquoi cette histoire d’un conférencier ?
- J’avais envie de transmettre ma passion de l’écriture. Je voulais absolument donner des conférences sur le thème de l’écriture comme thérapie. Je n’ai pas réussi dans cette voix. Du coup, j’ai écrit un livre sur la vie d’un conférencier.
- Vous êtes isolé ?
- Oui, je partage ma vie entre l’isolement et des sorties ponctuelles comme ça en pleine lumière, sur scène, sous les projecteurs, c’est une forme d’exhibitionnisme qui vient de la blessure…
- Ce mot revient souvent chez vous, la blessure
- Vous savez, pour la plupart des artistes, la blessure, c’est la source, c’est le socle. La blessure a son cheminement, elle se jette ensuite dans une forme de création artistique.
- Vous avez été dans une école de théâtre ?
- Non, je n’ai jamais pris un seul cours. Il y a quelques mois, j’ai fait appel à une coach. Elle m’a dit "vous n’avez pas besoin de moi, vous possédez l’essentiel, ce qu’on n’apprend dans aucune école"
- C’est quoi l’essentiel ?
- Elle ne l’a pas vraiment précisé, mais tout ce que je donne artistiquement, cela vient de la blessure. Je puise mon énergie dans cette envie de revanche, après il y a un instinct de la scène mais sans méthodes puisque je n’ai jamais été dirigé par des professeurs. Je vais sur scène avec mon vécu qui s’éparpille dans les mots, dans une forme de ténacité.
- Une forme d’exhibitionnisme contrôlé ?
- Je contrôle tout, mes complexes, mes émotions, pour me protéger. Faire de la scène, ce n’est pas une obsession. Je suis quelqu’un de l’ombre, je n’aime pas la lumière. Mais j’ai parfois envie de me projeter en pleine lumière, je fais le show et je repars aussitôt dans ma tanière.
- Mais pourquoi ces envies puis ces replis ?
- Je suis comme ça, mon parcours est celui d’un timide. J’ai fini par me façonner une vie solitaire qui me permet de créer, d’écrire, d’observer, de cerner les autres, avec ces parenthèses artistiques qui m'incitent à transmettre. Et j’aime ce lien avec le public. J’aime ce rapport si vif entre l’artiste et le public, ça me donne le vertige, mais c’est une sensation que je recherche.
- Vous être seul aux manettes de vos spectacles ?
- J’ai co-écrit tous mes spectacles. J’écris entre 60 et 70 % du texte. Pour le reste, je suis le metteur en scène et producteur de mes spectacles.
- Parlez-moi de cette rencontre avec votre partenaire
- Déjà c’est une nouvelle expérience, je n’ai jamais joué avec d’autres. C’est ma première comédie après trois années de one man show. J’ai contacté des dizaines de comédiennes sur des sites de casting. J’ai passé près de 3 mois entre auditions, essais. J'ai failli renoncer. Et Lydie Guillosson s’est présentée. Après 2 minutes, je savais qu’elle serait ‘’la correctrice’’ de la pièce. Encore une rencontre inattendue, magique. Nous nous comprenons en peu de mots. La complicité est immédiate et le respect aussi.
- Qu’attendez-vous de cette pièce ?
- Je n’attends jamais rien de la vie. Je ne suis jamais en position d’attente. Toutefois je pressens que cette comédie va connaître le succès. J’ai envie de voir le public heureux, d'offrir un spectacle original, une comédie philosophique dirais-je. C'est un conflit entre deux êtres – l’écrivain et la correctrice - qui rappelle que la nature humaine est porteuse de démesure, de sentiments extrêmes.
- Vous avez écrit 11 livres en 12 ans, c’est laborieux
- J’ai trouvé rapidement une rigueur dans l’écriture. J’écris deux ou trois pages par jour. Je m’impose ce rythme. En fait j’écris assez vite un livre mais les corrections sont longues. Je fais la chasse aux répétitions, je revois la grammaire, le style... C’est très difficile de quitter l’écriture d’un livre. Lorsque j’envoie mon livre à l'imprimeur, cette seconde où je clique sur ‘’envoyer ‘’en pièce jointe, cette seconde est euphorisante et particulière.
- Vous laissez passer du temps avant d’écrire un autre livre ?
- Durant 2 à 3 semaines, je suis comme sonné, vidé. J’ai l’impression que je ne trouverai plus d’autre sujet d’écriture. Je suis dans cet état second puis le manque se précise, j’ai besoin de repartir dans l’écriture, la fièvre des mots revient et c’est vital. Il m’arrive de laisser passer deux ou trois mois puis je retrouve la rigueur et l’enthousiasme qui sont mes deux partenaires d’écriture.
- Vous écrivez des chansons, des romans, c’est éclectique
- J’ai commencé par écrire des chansons. Je suis sociétaire de la Sacem. C’est le plus difficile, de raconter une histoire en 3 minutes 30, en 3 couplets et un refrain. Il y a une structure, les rimes, les mots qui doivent se poser sur la mélodie. J’ai toujours écrit des chansons de variétés. Et j’en ai connu des galères. L’écriture de romans est venue plus tard. J’ai commencé en racontant ma vie. Au début de mon mariage, j’ai écrit des centaines de pages sur mon enfance, mes grands-parents puis les événements de mai 68…et j’ai renoncé. J’ai repris 15 ans plus tard, finalement j’ai choisi de synthétiser et c’est devenu une autobiographie de 320 pages. Le titre ‘’ Trop de pluie ‘’
- Pourquoi ce titre ?
- Certains événements qui m’ont touché, ébranlé, se sont passés un jour de pluie…
- Il y a sans doute un fil conducteur à travers ces formes d’écriture
- Les galères de la vie, les blessures m’ont inspiré ces formes bigarrées d’écriture. Le roman m’a permis d’exprimer la densité de mes souffrances. Je livre des pans de ma vie, des anecdotes, des aventures pour me libérer de cet étau en moi mais attention mes livres recèlent autant de légèreté que d’introspection. Mon écriture est imprégnée d’élans, de fougue même si la blessure sillonne les pages.
- Cela prend du temps à monter un spectacle ?
- Après le travail d’écriture, cela prend 2 mois et demie, 3 mois tout au plus.
- Quelles sont les réactions du public ?
- Le public est bienveillant mais je ne veux surtout pas d’indulgence. Donc je brise progressivement mes complexes, j’essaie de faire le comédien.
- Votre pièce ‘’La sagesse du conférencier’’ peut-elle toucher un large public ?
- Oui, je pense, j’y crois. C’est une comédie déjà, la nature humaine s’y déploie, ironique, méchante, lucide, généreuse. L’écrivain et la correctrice font aussi passer des messages sur la société.
- Des projets, un nouveau livre ?
- Non, cette pièce, c’est un tel défi, c’est un aboutissement. Je suis dans la tourmente de l’angoisse. Après j’assumerai…
Propos recueillis
La sagesse du conférencier
Au théâtre Pandora

Critiques


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