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Samedi 26 Mai 2012
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Jacques Demy
Fichier:Jacques demy.jpg
Naissance 5 juin 1931
Pont-Château, Loire-Atlantique, France
Nationalité(s) Fichier:Flag of France.svg Française
Mort 27 octobre 1990
Paris, ÃŽle-de-France, France
Profession(s) Réalisateur
Film(s) notable(s) Lola
La Baie des Anges
Les Parapluies de Cherbourg
Les Demoiselles de Rochefort
Model Shop
Peau d'Âne
Une chambre en ville
Conjoint(e) Agnès Varda (1962-1990)
Enfant(s) Mathieu Demy
Distinction(s) Palme d'or au Festival de Cannes 1964 pour Les Parapluies de Cherbourg
Fiche IMDb

Jacques Demy, né le 5 juin 1931 à Pontchâteau (Loire-Atlantique), mort le 27 octobre 1990 à Paris est un cinéaste français, principalement connu comme réalisateur, mais également scénariste, dialoguiste, parolier, producteur et acteur.

Sommaire

Éléments biographiques

Fils d'un garagiste, il passe son enfance et son adolescence à Nantes.

Enfance et adolescence

Très tôt, il se consacre aux arts du spectacle : dès 4 ans avec un théâtre de marionnettes, et à partir de 9 ans avec un petit projecteur de cinéma. Un peu plus tard, il réalise quelques films d'animation par la technique de la peinture sur pellicule.

De septembre 1943 à août 1944, en raison des risques liés aux bombardements de Nantes, il est réfugié chez un sabotier de la Pierre Percée, dans la commune de La Chapelle-Basse-Mer. A ce moment, il réalise notamment un film sur une attaque aérienne contre le pont de Mauves<ref>Des extraits en apparaissent dans Jacquot de Nantes. Ce film a en effet été retrouvé au moment du tournage de Jacquot dans le grenier que Jacques Demy utilisait en 1946-48.</ref>. Fin 1944, il achète sa première caméra, et il en aura une plus perfectionnée à la fin de 1946. Il réalise d'abord quelques films avec acteurs, ainsi que des documentaires, en particulier, en 1947, Le Sabot, suite de son séjour à La Chapelle-Basse-Mer et première ébauche de son film Le Sabotier du Val de Loire (1955). Mais surtout, de 1946 à 1948, il se consacre à l'animation de personnages miniatures, réalisant un film de cinq minutes, Attaque nocturne qu'il réussit à présenter au cinéaste Christian-Jaque, de passage à Nantes en novembre 1948, dont il reçoit des encouragements.

Durant cette période d'après-guerre, il fait ses études secondaires au Collège technique Launay<ref>A l'origine Ecole Launay ; la dénomination Launay est encore couramment utilisée ; l'établissement s'appelle en fait Collège Leloup-Bouhier depuis 1935, actuellement Lycée professionnel Leloup-Bouhier, 11, boulevard de Launay, Nantes.</ref>. Lui-même, qui envisageait déjà de devenir cinéaste, aurait préféré faire des études classiques au lycée Clemenceau, mais il s'est heurté à un refus de la part de son père, pour les études classiques comme pour le cinéma. Malgré cela, il réussit bien dans toutes les matières, alors qu'il ne s'intéresse qu'aux Lettres et au Dessin. Sur son temps libre, il suit des cours à l'école des Beaux-Arts de Nantes ; il y rencontre des gens importants dans la suite de sa carrière : Bernard Evein, André Guérin, Jacqueline Moreau, d'Ancenis (future costumière).

Comme le montre bien Jacquot de Nantes, le cinéma a été une véritable vocation pour Jacques Demy. Lorsqu'il arrive au terme de ses études secondaires<ref>Jean-Pierre Berthomé n'indique pas quel diplôme de l'enseignement technique il a obtenu.</ref>, son père a mis fin à son opposition antérieure.

Etudes supérieures et débuts professionnels

En 1949, Jacques Demy part donc à Paris suivre les cours de l'ETPC (Ecole technique de photographie et de cinématographie), située rue de Vaugirard. Il retrouve ses condisciples des Beaux-Arts de Nantes, entrés à l'IDHEC ou aux Beaux-Arts de Paris, qinsi qu'un nouveau venu, sorti de l'école d'architecture de Nantes, Bernard Toublanc-Michel. Pour son épreuve de sortie, il réalise un court-métrage de dix minutes, Les Horizons morts.

Il accomplit ensuite son service militaire.

A son retour, il envisage de travailler dans le cinéma d'animation et se met au service de Paul Grimault, avec lequel il réalise des parties de films publicitaires, animant notamment des boîtes de pâtes Lustucru. En même temps, il a plusieurs projets personnels qui n'aboutissent pas : Les Très Riches Heures d'une enfant sage (sur un scénario personnel) ; Le Faux Nez (sur un scénario de Jean-Paul Sartre). Cependant, il est remarqué par une firme de publicité qui va lui procurer plusieurs mois de travail, en collaboration avec Bernard Evein. C'est aussi l'époque où il se lance dans un roman, qu'il abandonne rapidement, mais qui est la première ébauche du scénario d'Une chambre en ville<ref>Jean-Pierre Berthomé, Jacques Demy et les racines du rêve, chapitre 1, pour les paragraphes précédents.</ref>.

Il se réoriente vers le cinéma documentaire et, en 1953, écrit le scénario du Sabotier du Val de Loire. Il prend contact avec le documentariste Georges Rouquier qui apprécie ce travail et prend Jacques Demy comme assistant pour un documentaire sur Lourdes et pour un autre sur Arthur Honegger, tournés en 1954-1955. Georges Rouquier réussit à mettre sur pied la production du Sabotier avec Pathé-Cinéma<ref>Budget de 4 millions de francs 1955, 25 % venant de Georges Rouquier, 75 % de Pathé.</ref> ; le film est tourné en octobre 1955, obtenant un grand succès critique en 1956.

Il est ensuite engagé par Jean Masson<ref>Un relevé rapide sur le web indique que la notoriété de ce Jean Masson est fortement sinon exclusivement liée aux deux films auxquels Jacques Demy a participé : Le Mariage de Monaco (1956) et Musée Grévin.</ref> pour un film d'actualité, Le Mariage de Monaco, une commande de la principauté, sur le mariage de Grace Kelly<ref>Jacques Demy dira par la suite avoir été le dernier cinéaste à avoir dirigé Grace Kelly, dans la scène de la visite de la galerie des ancêtres. Il évoquera aussi l'agrément de tourner avec de gros moyens financiers.</ref> et de Rainier de Monaco. A la fin de l'année 1956, il est de nouveau assistant de Georges Rouquier pour le film S.O.S. Noronha.

Jacques Demy et Agnès Varda

Jacques Demy a épousé Agnès Varda dont il a eu un fils, Mathieu Demy, et dont il a adopté la fille, Rosalie Varda<ref>Les films de Jacques Demy enfin édités en DVD, Mathilde Blottière, Télérama, 15 novembre 2008</ref>. Agnès Varda lui a rendu hommage dans ses films Jacquot de Nantes (1991), Les Demoiselles ont eu 25 ans (1993), L'Univers de Jacques Demy (1995).

Il est mort du SIDA<ref>Les films de Jacques Demy enfin édités en DVD, Mathilde Blottière, Télérama, 15 novembre 2008</ref>. Il est enterré au cimetière du Montparnasse (9e division).

L'une des caractéristiques du cinéma de Demy est la place de la musique dans ses films ; en particulier, dans Les Parapluies de Cherbourg et Une chambre en ville, les dialogues sont entièrement chantés.

Le cinéma de Jacques Demy

Les films de Jacques Demy accordent une grande place à la musique. Il a souvent fait appel à Michel Legrand pour composer les musiques, lui-même s'attelant aux textes, et allant même à deux occasions jusqu'à réaliser des films entièrement chantés : Les Parapluies de Cherbourg et Une chambre en ville. Ces deux films du reste se démarquent paradoxalement de son univers féerique pour explorer le sentimental dans une description sociale méticuleuse. Il est probablement le seul réalisateur en dehors des États-Unis à avoir obtenu un succès international dans le domaine du film musical avec Les Parapluies de Cherbourg (Palme d'Or au festival de Cannes) et de la comédie musicale avec Les Demoiselles de Rochefort.

Les contes, les légendes, voire le féerique, sont très présents dans ses films : Peau d'Âne d'après Charles Perrault, Le joueur de flûte dans la légende du joueur de flûte de Hamelin, Parking d'après le mythe d'Orphée ; dans les Demoiselles de Rochefort, il joue avec les artifices du conte, en le modernisant pour mieux le servir.

La frontière entre réalité et conte se retrouve également dans la localisation de ses films. Enfant du bord de mer, Jacques Demy plaça l'action de nombre de ceux-ci dans une cité portuaire, lieu frontière entre terre et mer, entre réalité et rêve, entre quotidien et évasion, et espace de rencontre entre plusieurs horizons : Lola et Une chambre en ville à Nantes ; Les Parapluies de Cherbourg ; Les Demoiselles de Rochefort ; La Baie des Anges à Nice ; Trois places pour le 26 à Marseille. Dans ce dernier film, il offre à Yves Montand son seul rôle chantant et dansant au cinéma.

Jacques Demy insère des clins d'œil à ses films précédents dans certains longs métrages, comme s'ils formaient ensemble une longue histoire découpée. Par exemple Roland Cassard, diamantaire amoureux de Lola épouse Geneviève dans Les Parapluies de Cherbourg, après avoir fait fortune aux États-Unis. De même, la mère et ancienne danseuse qu'il rencontre à Nantes, avant qu'elle ne parte retrouver sa fille à Cherbourg chez son beau-frère coiffeur, est découpée en morceaux dans Les Demoiselles de Rochefort. En examinant ses films, on s'aperçoit qu'aucune rencontre n'est insignifiante.

Sous le couvert de films en apparence colorés et chantants, l’univers de Demy est extrêmement sombre. La figure du père y est montrée très négativement (La Baie des Anges), ou purement et simplement absente (Lola, Trois places pour le 26). Lorsqu’il revient chercher sa femme et son fils (Lola), c’est pour repartir plus tard (Model Shop). Dans la majeure partie des films, il est décédé et la mère vit seule avec sa fille (Lola, Les Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort, Une chambre en ville où le couple veuve-fille est présent deux fois). On relève aussi une fascination pour l’aristocratie, même déchue, de la part d’un fils d’ouvrier : les mères veuves sont parfois baronnes (Une chambre en ville, Trois places pour le 26). Enfin, le cinéma de Demy est hanté par l’idée de l’inceste (Peau d’Âne, Parking, Une chambre en ville, Trois places pour le 26) et par la bisexualité (ambigüe dans Lady Oscar, la jeune femme élevée en garçon par son père ; montrée dans Parking, où Orphée, marié, est amoureux d’un homme, où Eurydice porte des vêtements masculins ; évoquée sous forme de comédie : l’homme enceint de L'Événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la Lune). Par ailleurs, Demy a été, à ses débuts, un documentariste sensible et rigoureux s’exprimant dans des courts-métrages en noir et blanc (Le Sabotier du Val-de-Loire, Ars…)<ref>Ces points ont été développés par les deux biographes du cinéaste, Jean-Pierre Berthomé (Jacques Demy et les racines du rêve, L'Atalante, 1982 ; édition revue et complétée, L'Atalante, 1996) et Camille Taboulay (Le Cinéma enchanté de Jacques Demy, Cahiers du Cinéma, 1996)</ref>.

Créateur d'une Å“uvre ayant marqué plusieurs générations de spectateurs, il ne s'est trouvé personne pour poursuivre sa voie, hormis des hommages, parfois parodiques. Néanmoins, Jeanne et le garçon formidable en 1998 en reprend les fondements en les adaptant à l'époque. En 1991, Agnès Varda réalise : Jacquot de Nantes, film biographique sur la vie du jeune Jacques Demy, son futur mari.

Filmographie

Courts métrages

Longs métrages

Téléfilm

Références

Bibliographie

Notes

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Liens externes

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