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Vendredi 10 Fvrier 2012
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Boris Vian
Boris Vian.

Activité(s) Écrivain, poète, parolier, chanteur
Naissance 10 mars 1920
Ville-d'Avray
Décès 23 juin 1959
Paris
Fichier:Boris-gidouille-5-1953.jpg
Reproduction du diplôme de l'Ordre de la Grande Gidouille de Boris Vian, le 22 Palotin 80.
Document tiré du magazine trimestriel Bizarre, J. J. Pauvert, numéro spécial Boris Vian de février 1966.
Fichier:College de pataphysique-BV.jpg
Reproduction du diplôme de membre du Collège de 'Pataphysique de Boris Vian.

Boris Vian (10 mars 1920, Ville-d'Avray (Seine-et-Oise, aujourd'hui Hauts-de-Seine), France - 23 juin 1959, Paris) était un écrivain français, ingénieur de l'École centrale, inventeur, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste). À ces multiples talents, il convient d'ajouter ceux de conférencier, de scénariste et de traducteur (anglo-américain). Il a également publié sous les pseudonymes de Vernon Sullivan, de Bison Ravi, de Baron Visi ou de Brisavion (anagrammes de son nom).

Sommaire

Biographie

Boris Vian naît le 10 mars 1920 à Ville-d'Avray dans les Hauts-de-Seine. Son père Paul est rentier, sa mère Yvonne Ravenez est pianiste et harpiste amateur. Son grand-père Henri Vian fut bronzier et fondeur<ref>On lui doit les grilles de la villa Arnaga résidence d'Edmond Rostand au Pays Basque.</ref>, ses magasins étaient au 5 rue Thorigny à Paris, dans l'Hôtel Salé depuis le musée Picasso.

Le frère aîné de Boris, né le 17 octobre 1918, s'appelle Lélio ; il y aura deux autres enfants après Boris, Alain né le 24 septembre 1921, et Ninon née le 15 septembre 1924.

À douze ans, Boris est victime d'un rhumatisme articulaire aigu, qui lui occasionne une insuffisance aortique.

Cette maladie du cœur, dont ses œuvres porteront la trace, en fera la cible de l'affection trop étouffante de sa mère. Il en parlera dans L'Herbe rouge, et plus encore dans L'Arrache-cœur.

Il fait ses études primaires et de collège au lycée de Sèvres (1927-1932), puis entre au lycée Hoche de Versailles, de la troisième à la classe de Philosophie (1932-1936). Sa scolarité est souvent interrompue en raison d'accidents de santé. S'il passe avec facilité la première partie du baccalauréat en 1935, il est contraint de suivre une seconde terminale au lycée Condorcet, à Paris, où il obtient le baccalauréat final A-philosophie, avec option mathématiques.

Il suit les classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques au lycée Condorcet et entre à l'École centrale Paris en 1939. À la fin de ses études, il travaille comme ingénieur à l'Association française de normalisation (AFNOR)<ref>Arnaud 1966, p. 83</ref><ref>Boggio, 1993, p. 82.</ref>, de 1942 à 1946, où il profite de ses instants de liberté pour écrire et jouer de la musique jazz.

Il fréquente les cafés de Saint-Germain-des-Prés : café de Flore ou des Deux Magots, à l'époque où ceux-ci rassemblent intellectuels et artistes de la rive gauche : Jean-Paul Sartre (le Jean Sol Partre de L'Écume des jours), Raymond Queneau, Simone de Beauvoir, Juliette Gréco, Marcel Mouloudji ou Miles Davis.

Son premier roman célèbre (sous l'hétéronyme de Vernon Sullivan) est J'irai cracher sur vos tombes, écrit en 1946. Le roman est très controversé, notamment parce qu'il est retrouvé sur les lieux d'un crime passionnel. Boris Vian est condamné en 1950 pour outrage aux bonnes mœurs. S'ensuivent des romans tout aussi noirs et sarcastiques : Les morts ont tous la même peau, Et on tuera tous les affreux et Elles se rendent pas compte.

Si les œuvres à succès, signées Vernon Sullivan, ont permis à Vian de vivre, elles ont aussi occulté les romans signés de son vrai nom, œuvres plus importantes à ses yeux. D'après lui, seuls ces derniers avaient une véritable valeur littéraire. Après l'échec de L'Arrache-cœur, il décide d'abandonner la littérature.

Passionné de jazz, il joue de la trompette de poche (rebaptisée « trompinette-c'est une petite trompette ») au Tabou, club de Saint-Germain-des-Prés. Il est aussi directeur artistique chez Philips et chroniqueur dans Jazz Hot de décembre 1947 à juillet 1958, où il tient une « revue de la presse » explosive et extravagante. Henri Salvador disait de lui : « Il était un amoureux du jazz, ne vivait que pour le jazz, n'entendait, ne s'exprimait qu'en jazz ».

1951 et 1952 seront des années sombres pour Boris Vian. Il vient de quitter son épouse Michelle Léglise, dont il a eu deux enfants, Patrick en 1942 et Carole en 1948, et vit difficilement de traductions dans une chambre de bonne, au 8 boulevard de Clichy. Il n'a plus un sou mais le fisc s'acharne à lui soutirer des impôts anciens qu'il ne peut payer. Son esprit fécond l’amène cependant à collaborer au Collège de 'Pataphysique (la science des solutions imaginaires), fondé en 1948. Il y retrouve Raymond Queneau et est nommé Équarrisseur de première classe en 1952, puis satrape en mai 1953. Dans cette aimable corporation, il donne libre cours à son imagination pour fournir des communications et des inventions baroques telles que le gidouillographe ou le pianocktail<ref group="note">Le pianocktail, mot-valise créé par Vian et inspiré par l'orgue à bouche de Huysmans (dans À rebours) est un piano qui produit de la musique (de jazz) et des mélanges alcoolisés. Il unit ainsi, par une fausse synesthésie artistique, deux plaisirs sensuels, l’ivresse de l’alcool (gustatif) et celle de la musique (auditif).</ref>. En 1954, il se remarie avec Ursula Kübler.

Il fait quelques apparitions sur scène, au théâtre et dans quelques films. Il joue par exemple le cardinal de Paris dans Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy.

Le matin du 23 juin 1959, Boris Vian assiste à la première de J'irai cracher sur vos tombes, film inspiré de son roman. Il a déjà combattu les producteurs, sûrs de leur interprétation de son travail, et publiquement dénoncé le film, annonçant qu'il souhaitait faire enlever son nom du générique. Quelques minutes après le début du film, il s'effondre dans son siège et meurt d'une crise cardiaque en route vers l'hôpital. Le Collège de 'Pataphysique annonce la mort apparente du « Transcendant Satrape ».

Son œuvre connut un immense succès public à titre posthume dans les années 1960 et 1970, notamment pendant les événements de mai 68. Les jeunes de la nouvelle génération redécouvrent Vian, l'éternel adolescent, dans lequel ils se retrouvent.

Œuvres

Il a écrit onze romans, quatre recueils de poèmes, plusieurs pièces de théâtre, des nouvelles, de nombreuses chroniques musicales (dans le magazine Jazz Hot), des scénarios de films, des centaines de chansons (notamment pour Serge Reggiani et Juliette Gréco), etc., le tout avec une verve qui lui est propre.

Sous son propre nom, il a écrit des romans fantastiques, poétiques et burlesques, les plus connus étant L'Écume des jours et L'Automne à Pékin, d'autres étant L'Arrache-cœur, L'Herbe rouge, etc.

Il est également auteur de pièces de théâtre, de nouvelles (L'Oie bleue, La Brume, Les Fourmis, …) de chansons, et fervent défenseur de la 'Pataphysique.

Sa chanson la plus célèbre (parmi les 461 qu'il a écrites) est Le Déserteur, chanson anti-militariste écrite à la fin de la guerre d'Indochine (soit le 15 février 1954), juste avant la guerre d'Algérie. Cette chanson fut interdite sur les ondes dans sa version d'origine en raison du couplet final litigieux :

<poem> Si vous me poursuivez Prévenez vos gendarmes Que je possède une arme <ref group="note">Le texte exact du vers originel est très discuté, on trouve : « Que j'emporte des armes », « Que je possède une arme », « Que je tiendrai une arme », « Que j'ai gardé mon arme », etc. Pour des raisons de prosodie, des versions telles que « Que j'emporte une arme », « Que j'aurai une arme », « Que j'ai une arme » ou même « Que je suis armé » (!) semblent très improbables.</ref> Et que je sais tirer </poem>

(Version attestée par Françoise Renaudot, dans son ouvrage Il était une fois Boris Vian)

Ce couplet fut tardivement remplacé par :

<poem> Si vous me poursuivez Prévenez vos gendarmes Que je n'aurai pas d'arme Et qu'ils pourront tirer </poem>

Boris Vian fut l'objet de poursuites de la part de paramilitaires d'extrême-droite. Sous sa deuxième forme, la chanson eut un succès dans les années 1960, chantée par Peter, Paul and Mary, mais Vian était déjà mort.

Amoureux de la culture américaine, il a traduit en français un roman de science-fiction : Le Monde des Ā d'A. E. van Vogt, tout comme sa suite Les Joueurs du Ā. Il a également traduit Raymond Chandler, le poème Jabberwocky de Lewis Carroll extrait de De l'autre côté du miroir, les mémoires du Général Omar Bradley A Soldier's Story et le roman de science-fiction Demain les chiens de Clifford D. Simak.

Il a aussi traduit en 1951 la biographie romancée du trompettiste de jazz américain Bix Beiderbecke (1903-1931) : Le Jeune Homme à la trompette, rédigé par Dorothy Baker en 1938.

Romans et nouvelles

Théâtre

Poésies

Extrait du recueil Je voudrais pas crever (1962)

Tout a été dit cent fois

<poem> Tout a été dit cent fois Et beaucoup mieux que par moi Aussi quand j'écris ces vers C'est que ça m'amuse C'est que ça m'amuse C'est que ça m'amuse et je vous chie au nez </poem>

S'il pleuvait des larmes

<poem> s'il pleuvait des larmes lorsqu'on tue un enfant s'il pleuvait des larmes au rire des méchants sur la terre entière en flot gris et glacés des larmes amères roulerait le passé </poem>

Essais

Chansons

Entre autres :

Collaboration à des périodiques

Entre beaucoup d'autres, les plus importantes sont :

  • Jazz Hot, de 1946 à 1958.
  • Collège de 'Pataphysique, de 1953 à 1959.
  • Les Temps modernes, no 9 à 13, et 108 à 111.

Notes

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Références

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Bibliographie

Biographies

Bande dessinée


Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes

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