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Vendredi 10 Fvrier 2012
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Amiens - BilletNet Version imprimable Suggrer par mail

49°54′N 2°18′E / 49.9, 2.3

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Amiens

Fichier:Amiens - Hotel de Ville de nuit.jpg

Fichier:Blason fr ville Amiens.svg
Administration
Pays France
Région Picardie (préfecture)
Département Somme (préfecture)
Arrondissement Amiens (chef-lieu)
Canton Chef-lieu de huit cantons
Code Insee abr. 80021
Code postal 80000
Maire
Mandat en cours
Gilles Demailly (PS)
2008- 2014
Intercommunalité Communauté d'agglomération Amiens Métropole
Site internet http://www.amiens.fr/
Démographie
Population 136 105 hab. (2006)
Densité 2 752 hab./km²
Aire urbaine 270 000 hab.
Gentilé Amiénoises, Amiénois
Géographie
Coordonnées
géographiques
49° 54′ Nord
         2° 18′ Est
/ 49.9, 2.3
Altitudes mini. 14 m — maxi. 106 m
Superficie 49,46 km²

Amiens (IPA : /amjɛ̃/) est une ville française du nord de la France située sur la Somme. Administrativement, cette commune est la préfecture de la région de Picardie ainsi que du département de la Somme et chef-lieu de canton. Commune la plus peuplée de la région, Amiens est la vingt-neuvième ville la plus peuplée de France en 2006. Ses habitants sont appelés les Amiénois.

Sommaire

Héraldique

Les armes d'Amiens se blasonnent ainsi : « De gueules au lierre d'argent, au chef d'azur semé de fleurs de lis d'or »

Devise : « Liliis tenaci vimine jungor »<ref>[1]</ref>, ce qui signifie « Un lien puissant m'unit au lis ».

En 1991, la municipalité formée autour de Gilles de Robien a conçu un nouveau logo, reprenant la fleur de lis et la feuille de lierre présentes sur le blason, placées côte à côte de couleur rouge sur un fond gris ou blanc, selon l'utilisation.

Géographie

Amiens, capitale régionale de la Picardie est traversée par la Somme, fleuve au cours généralement très paisible, sauf lors d'exceptionnelles crues de plusieurs semaines (comme celle du printemps 2001). C'est aussi, à sa périphérie sud-est, près de Camon et Longueau, le confluent avec son affluent principal en rive gauche (au sud), l'Avre. C'est également la préfecture de la Somme, un des trois départements (avec l'Aisne et l'Oise) de la région.

Amiens doit une partie de sa renommée à sa cathédrale gothique, l'une des plus spacieuses au monde.

Amiens s'est développé au niveau d'un rétrécissement naturel des hortillonnages dû à la présence au nord de la côte Saint-Pierre sur le tracé du fleuve.

Cette butte est toujours observable ; la Citadelle fut construite dessus et la Rue Saint-Pierre était un chemin légèrement incliné qui permettait de sortir de la ville par le nord. Au niveau de ce rétrécissement, un réseau de canaux étroits a permis la construction de ponts et d'édifices dont des filatures au Moyen Âge.

Le canal de la Somme ne date que du début du XIXe siècle et le pont situé au pied de la citadelle a été construit après la Seconde Guerre mondiale.

Mais c'est autour des quartiers Saint-Leu, Saint-Maurice et de la partie plus administrative et civile de l'actuel centre-ville que la ville s'est développée depuis l'Antiquité.

Amiens est un nœud d'axes de communications entre :

On peut y accéder par la route (Amiens est située au croisement de l'A16 et de l'A29), et le train (ligne Paris-Boulogne).

En superficie, elle est la troisième commune de la Somme, après Crécy-en-Ponthieu et Hornoy-le-Bourg.

Quartiers et villages

Le quartier Saint-Leu

Au pied de la cathédrale, parcouru de canaux, ce quartier pittoresque a été en grande partie réhabilité pendant les années 1990. Il s'étend jusqu'au canal de la Somme situé plus au nord au pied du coteau Saint-Pierre sur lequel la forteresse de Jean Errard, appelée Citadelle, a été construite. Historiquement, il s'agissait du quartier pauvre de la ville, où se regroupaient tanneurs, bouchers et teinturiers.

La faculté des sciences, présente depuis les années 1960 a été pour l'occasion rénovée et agrandie. La faculté de droit et d'économie a été également transférée au milieu des années 1990 depuis le campus universitaire (excentré au sud de la ville) vers sa nouvelle situation au pied de la cathédrale. Le parking à ciel ouvert qu'elle remplace était une « fracture » dans le paysage datant de la Seconde Guerre mondiale. Il permettait toutefois d'avoir une vue dégagée de la cathédrale<ref>les travaux avaient d'ailleurs été retardés, car d'aucun voulaient « préserver la cathédrale », alors que la situation était donc exceptionnelle</ref>. La plupart des bâtisses ont été rénovées et transformées en logement dont une grande partie pour les étudiants, nombreux dans le quartier.

Ce quartier est devenu le cœur des soirées amiénoises, avec de nombreux établissements (bars, restaurants, etc.) place du Don et quai Bélu.

Rue Saint-Leu se trouve l'église éponyme, sise juste entre la faculté des sciences et celle de droit-économie.

Deux théâtres sont établis dans le quartier, celui des Cabotans et la Maison du Théâtre, au pied de l'église Saint-Leu.

Le quartier Saint-Maurice

Situé à l'ouest de la Citadelle et à l'est du cimetière de la Madeleine, ce très ancien quartier populaire d'Amiens, haut lieu industriel du XVIIIe siècle, est en cours (2006) de réhabilitation avec la construction et la rénovation de nombreux logements.

Bordé par le canal de la Somme, il offre une escale pour les plaisanciers, qui doivent y passer une écluse.

Le quartier abrite l'ancienne teinturerie d'Amiens, transformée pour accueillir l'École Supérieure d'Art et de Design (ESAD) et la faculté des Arts. Non loin se trouve l'École supérieure d'ingénieurs en électronique et électrotechnique (ESIEE).

Le Jardin des Plantes dit « le Jardin du Roi » intra muros appartient aussi au quartier.

Henriville

Le quartier d'Henriville nait au XIXe siècle, après la démolition des remparts de la ville. On y trouve des maisons bourgeoises, avec une prédominance de la brique, mêlant les styles néoclassique, troubadour et néogothique. S'y trouvent également des hôtels particuliers, comme celui d'Acloque et la maison Jules Verne.

Quartiers populaires

Amiens, comme d'autres grandes villes, possède ses grandes barres HLM. Tout d'abord

  • au nord de la ville les quartiers : du Pigeonnier, Mozart, Berlioz, Fafet-Brossolette-la Cité, Balzac, Léo Lagrange-Schweitzer, etc. ;
  • au sud-est de la ville : Victorine Autier, Philéas Lebesgue, Condorcet, Pierre Rollin ;
  • à l'ouest : Étouvie, Montières.

Les quartiers nord ont été le théâtre de violentes émeutes en 1994, 1999 et 2000 (affrontement entre plusieurs quartiers de la ville puis entre les quartiers d'Amiens et les quartiers de Creil) et tout récemment 2006 et 2008 (suite aux incidents en banlieue parisienne)[réf. nécessaire].

Saint-Acheul

Fichier:Amiens St Acheul Carré musulman de la nécropole nationale.jpg
Carré musulman de la nécropole nationale de Saint-Acheul.
Au premier plan, tombe d'un soldat du 45e régiment de tirailleurs sénégalais tombé pendant la Bataille de la Somme

Le quartier Saint-Acheul (IPA : /aʃœl/) « existait » avant Amiens puisque les hommes y vivaient dès la préhistoire. Les recherches archéologiques ont donné le nom d'Acheuléen (IPA : /aʃØleɛ̃/) à une période de la préhistoire. Un jardin archéologique peut y être visité librement.

C'est aussi le quartier des hortillonnages, de l'église Saint-Acheul, d'une nécropole militaire de 1914-1918 et de l'ancienne École normale d'instituteurs devenue le lycée Robert-de-Luzarches. Une partie du quartier comprend des maisons au style purement anglais, d'où son nom de « Quartier anglais ».

Transport

Routier

Article détaillé : rocade d'Amiens.

La ville d'Amiens est desservie par les autoroutes A16 & A29.

Le Viaduc Jules Verne, long de 943 m, franchit la Somme à l'Est de la ville et permet de réaliser le contournement de la ville par des voiries de type autoroutier.

Amiens est le centre d'une étoile de routes importantes, initialement constituant des voiries nationales mais aujourd'hui déclassées, pour la plupart, en routes départementales. Il s'agit des anciennes :

L'A16, l'A29, la RN1 et la RN25 forment un contournement de type autoroutier de forme circulaire autour de la ville. La population a pris l'habitude de l'appeler rocade d'Amiens.

Stationnement

Amiens est dotée de plusieurs parkings souterrains en centre-ville :

Fichier:Parking-amiens.png
Carte du stationnement en centre-ville d'Amiens.
     Hôtel de Ville     Halles     Jacobins     Trois Cailloux     Saint-Leu     Amiens 2     Perret     Parkings extérieurs gratuits
Nom Accessible par À proximité de
Halles Rue du Général Leclerc Centre commercial des Halles, beffroi
Hôtel de Ville Rue de Beauvais Espace piétonnier, hôtel de ville
Jacobins Rue des Jacobins Espace piétonnier, préfecture
Trois Cailloux Rue Robert de Luzarches Espace piétonnier, palais de justice, cathédrale
Saint-Leu Rue des Huchers Facultés de droit et d'économie, cathédrale
Amiens 2 Boulevard d'Alsace-Lorraine, rue de la Vallée Centre commercial Amiens 2, gare routière, gare SNCF
Perret Boulevard de Belfort, rue Vulfran Warmé Cinéma, gare SNCF

Un 8e parking souterrain nommé Oxygène doit ouvrir derrière la gare, rue de la Vallée, courant 2009.

Depuis le 15 janvier 2007, un parking situé en périphérie de la ville, près de la citadelle a été mis en place. Jusqu'alors relié par une navette gratuite au centre-ville, la nouvelle municipalité a choisi de supprimer cette navette, obligeant les utilisateurs du parking à utiliser les lignes de bus payantes.

Mais le problème du stationnement a été un des éléments de débat lors de la campagne pour l'élection municipale de 2008<ref>Jacques Trentesaux, « Le difficile pari de Demailly », L'Express, 16 octobre 2008</ref>. Un an après le changement de majorité, l'équipe de Gilles Demailly lance une consultation auprès de la population<ref>Delphine Richard, « Le stationnement en huit questions », Le Courrier picard, 9 mars 2009</ref>

Aérien

L'Aéroport d'Amiens - Glisy se situe à 10 km à l'est de la ville.

Ferroviaire

Il existe 2 gares :

toutes deux situées sur les lignes Paris-Boulogne et Amiens - Rouen.

Une troisième gare, très excentrée (45 km d'Amiens), la gare TGV Haute Picardie permet l'accès au réseau TGV. Elle est desservie par des autocars provenant d'Amiens.

Transport en commun

Le réseau de bus est pris en charge par la société d'économie mixte Amétis, dont le réseau couvre Amiens Métropole, l'agglomération d'Amiens. La mise en place de voies de bus en site propre a débuté en 2006. L'ancien maire, Gilles De Robien avait envisagé la création d'un tramway ; le choix d'une circulation de bus en site propre a été préférée pour des raisons de rapport coût / fréquentation.

En février 2008, la municipalité a lancé le Vélam, service de vélos partagés adaptation du système Cyclocity géré par JCDecaux, similaire aux Vélo'v lyonnais et Vélib' parisiens.

Économie

Les éditeurs philatéliques Yvert et Tellier (catalogues de cotations) et l'Écho de la timbrologie (magazine) ont leur direction à Amiens, même si elles ont plusieurs de leurs services en région parisienne. Le groupe Gueudet, l'un des plus importants distributeurs automobiles en France, est implanté à Amiens depuis 1918.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, une bonne partie de l'économie de la ville était liée à l'équipement automobile avec des sociétés comme Valeo, les pneus Goodyear et Sumitomo-Dunlop. En 2003, Dunlop est rachetée par l'américain Goodyear, ces deux sociétés traversent fin 2007 et début 2008 une crise profonde, le siège central, aux États-unis, ayant « proposé » aux ouvriers une modifications de leur temps de travail et du nombre de poste, qui fut refusé par le personnel à un fort pourcentage.

Depuis le milieu des années 1990, la ville essaye de se convertir à l'économie d'Internet et de la téléphonie. De nombreux centres d'appels (Intracall center, Coriolis France, Médiamétrie)<ref>Insee, Picardie : diagnostic et perspectives, chapitre Dynamiques économiques, p36 2006</ref> ont ouvert principalement grâce à des aides de la ville, de la région ou de l'État.

La société de service en informatique Unilog (maintenant Logica) a installé un centre de service à Amiens (le CSA).

Amiens est le siège de la Chambre régionale de commerce et d'industrie de Picardie. Elle est aussi le siège de la Chambre de commerce et d'industrie d'Amiens. Elle gère l'Aéroport d'Amiens - Glisy.

Emplois

La commune d'Amiens comptait environ 70 822 emplois (salariés + non salariés) en 1999, dont 67 047 emplois salariés. Le taux annuel moyen de variation de l'emploi total, entre 1990 et 1999, est +3,2 %. Le nombre de demandeurs d'emploi au 31 décembre 2007 était de 7 356 et le taux de chômage de 20,0 %<ref>Demandeurs d'emploi en fin de mois, catégories 1 à 3 hors activité réduite</ref>. En 1999, le taux d'activité entre 25 et 49 ans s'établissait à 53,4 %<ref>Chiffres clés Amiens, INSEE</ref>.

Répartition de l'emploi

  Tertiaire Industrie Construction Agriculture
Amiens 79,3 % 17,4 % 3,0 % 0,2 %
Moyenne nationale 71,5 % 18,3 % 6,1 % 4,1 %
Source des données : Insee<ref> Chiffres clés Amiens, INSEE</ref>

L'agriculture est très peu représentée parmi les emplois amiénois avec 0,2 %, tout comme le secteur de la construction qui représente 3,0 % des emplois. Contrairement à ces deux secteurs dont la part est inférieure à la moyenne nationale, le secteur tertiaire représente une part significative de la population active amiénoise, 19,8 %, et est plus importante qu'au niveau national. L'industrie regroupe 17,4 % des emplois.

La firme Goodyear Tire & Rubber a annoncé plus de 400 suppressions d'emplois en mai 2008 sur l'usine d'Amiens, qui compte 1 450 salariés; en mars 2009, la direction a annoncé un nouveau licenciement collectif portant sur mille emplois <ref> Goodyear Amiens : la restructuration se durcit, Le Figaro, 18 mars 2009.</ref>.

Revenus de la population et fiscalité

La ville est la 184e de France de plus de 20 000 habitants, et la troisième de la région de Picardie derrière Compiègne et Soissons, pour la proportion d'assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), soit 879 foyers fiscaux déclarant un patrimoine moyen de 1 606 482 € en 2007. L'impôt moyen sur la fortune à Amiens est de 6 384 €/an<ref>Site officiel de la direction générale des Impôts</ref>'<ref>L'Express - Le classement des villes par l'ISF</ref>.

Le revenu net imposable moyen annuel par foyer fiscal amiénois est de 13 670 € par an, ce qui est légèrement inférieur à la moyenne nationale de 15 027 € par an (2003).

Étymologie

Vers le IVe siècle, le nom du peuple local s'est substitué à l'ancien nom de la ville Samarobriva, pour un dérivé des Ambianis, Amiens, et devenir siège épiscopal.<ref name=nompic>Chaurand Jacques, Lebègue Maurice, Noms de lieux de Picardie (page 35), Bonneton, Condé-sur-Noireau, 1990 (ISBN 978-2-862-53265-3)</ref>

Histoire

Antiquité

Article détaillé : Samarobriva.

La prospérité de la cité la désigne aux premiers assauts des barbares, Alains, Vandales, Burgondes, qui s'emparent successivement d'Amiens.

Moyen Âge

Au Ve siècle arrivent les Francs sous la conduite de Clodion le Chevelu. Mérovée y est élu roi par ses compagnons d'armes et élevé sur le pavois en signe du pouvoir qui lui est conféré.

859 : la ville est pillée par les Normands.

882 : nouvelle attaque des Normands qui prennent la ville et incendient la cathédrale.

Amiens bénéficie, vers 1095, d'une ébauche d'organisation municipale ; la commune est jurée en 1113 avec l’accord de l’évêque, et reconnue par la suite par le roi de France<ref>André Chédeville, « Le mouvement communal en France aux XIe et XIIe siècles, ses éléments constitutifs et ses relations avec le pouvoir royal », in Robert Favreau, Régis Rech et Yves-Jean Riou (directeurs), Bonnes villes du Poitou et des pays charentais (XIIe-XVIIIe siècles) : Actes du colloque tenu à Saint-Jean-d’Angély les 24-25 septembre 1999, publiés par la Société des antiquaires de l'Ouest in Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest et des Musées de Poitiers, 5e série, tome VIII (2002), à Poitiers. (ISBN 2-9519441-0-1), p</ref>. D’autres villes de la région (Beauvais, Cambrai, Laon, Noyon, Saint-Quentin) l’ont devancée sur le terrain des libertés municipales. Le dimanche des Rameaux 1115, le roi Louis VI le Gros est présent à Amiens, pour soutenir l'évêque Geoffroi et les habitants contre le comte Enguerrand de Boves qui refuse de reconnaître l'institution communale.

Réunie à la couronne en 1185, puis donné à la Bourgogne par le Traité d'Arras (1435), Amiens est acquise par Louis XI en 1477.

En 1218, La foudre détruit les archives de l'évêché et celles du chapitre, et anéantit la cathédrale qui avait été reconstruite après l'invasion des Normands.

Le 23 janvier 1264, Saint Louis rend un arbitrage, le Dit d'Amiens, dans un conflit opposant le roi d'Angleterre Henri III à ses barons révoltés.

En 1597 (11 mars), les Espagnols attaquent par surprise grâce à une technique proche du Cheval de Troie : les soldats du comte de Fuentes sont entrés dans la ville, déguisés en paysans. Ils s'emparent de la cité. Après les six mois du siège d'Amiens, Henri IV reprend la cité, mettant fin à son autonomie de gestion.

Époques moderne et contemporaine

Jusqu'au XXe siècle

Amiens est réputée au XVIIIe et XIXe siècle pour ses textiles dont le célèbre velours d'Amiens. La famille Cosserat est alors une des plus grandes familles de l'industrie textile amiénoise.

Le 25 mars 1802, le Royaume-Uni et la France signent à la mairie d'Amiens un traité de paix qui met un point final à la deuxième coalition européenne contre la France.

Durant le XIXe siècle, Amiens tire profit du développement de l'industrie. La ville s'étend et se modernise. Les remparts sont démontés pour laisser place à de larges boulevards qui ceinturent le centre-ville. Sur les parcelles des Hospices d'Amiens, éloignés des faubourgs de Saint-Honoré et Saint-Acheul, nait le quartier Henriville. La rue de la République est créé est devient la rue du pouvoir et du savoir, avec l'érection de la bibliothèque municipale et du musée de Picardie, ainsi que l'installation de la Préfecture.

La première ligne de chemin de fer passant par Amiens est construite en 1848 : elle permet de relier la ville à Boulogne-sur-Mer<ref>actuelle Ligne Longueau - Calais</ref>. Certains anciens fossés jouxtant les remparts sont utilisés pour le passage de voies de chemin de fer. Ce progrès modifie la géographie de la ville, qui tourne désormais le dos à la Somme, à l'instar de l'Hôtel de ville qui transfère son entrée de la place au fil, vers l'actuelle rue des Trois cailloux.

En 1849, comme dans toutes les communes de France, la population masculine majeure peut, pour la première fois, aller voter grâce à l'instauration du suffrage universel.

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, la Somme est envahie par les Prussiens, et Amiens occupée, tandis que la citadelle résiste quelques jours de plus.

le XXe siècle

Article détaillé : Charte d'Amiens.

En 1906, la CGT y tient un congrès historique, qui élabore la Charte d'Amiens.

La première guerre mondiale

Amiens connaît des dégâts lors des deux guerres mondiales. Ville de l'immédiat arrière-front en 1914-1918, la ville subit une courte occupation en septembre 1914. De 93 000 habitants à l'entrée en guerre, la population passe à 110 000 pendant le conflit du fait de la présence des troupes alliées. Population et industries subissent de lourdes privations (gaz, charbon, pain…), qui engendrent plusieurs grèves, vingt-cinq rien que pour l'année 1917. Face aux bombardements réguliers, la municipalité met en place dès 1915 la protection des monuments historiques, comme la cathédrale. Fin mars 1918, une vague de bombardements intense détruit la gare du Nord, les Nouvelles Galeries et la Halle aux blés, entraîne l'évacuation de la population, et de la municipalité qui se réfugie à Neufchâtel-en-Bray. À la fin de la Première Guerre mondiale, on dénombre 7 000 maisons détruites et 3 000 endommagées, auxquelles s'ajoutent les pillages<ref>Amiens pendant la guerre 1914-1918, Albert Chatelle</ref>.

Un plan de reconstruction est engagé par Louis Duthoit, remplacé en 1921. L'État rejette en 1924 la demande de la municipalité de dommages de guerre. Une reconstruction moins ambitieuse débute en 1925, dont témoignent quelques façades art déco.

La seconde guerre mondiale

La reconstruction du centre-ville, déjà fortement touché en 1918, n'est pas terminée, que la ville est à nouveau rasée par les nombreux bombardements de la Seconde Guerre mondiale, en 1940. Le quartier bourgeois d'Henriville, le pittoresque quartier populaire de Saint-Leu, aujourd'hui réhabilité, et la cathédrale sont épargnés. En 1942, les premiers plans de reconstruction sont échafaudés par les gradés allemands, et par Pierre Dufau. En 1944, l'aviation britannique vise la prison lors de l'opération Jéricho, puis les voies ferrées. Amiens sort du conflit détruite à 60 %.

L'après-guerre

La ville est reconstruite sur les plans de Pierre Dufau : son plan de reconstruction et d'aménagement est adopté dès juillet 1942. Il repose sur la volonté d'améliorer la circulation par l'élargissement des rues et la densification des îlots. La place Gambetta est aménagée par l'architecte Alexandre Courtois, la place de la gare est conçue par Auguste Perret, comprenant sa fameuse Tour, Dufau se concentrant quant à lui sur la place du Marché et la place de la cathédrale<ref>Joseph Abram, L'Architecture moderne en France. Du chaos à la croissance, 1940-1966, éd. Picard, 1999, p. 28-31</ref>.

Le vent de contestation qui souffle sur la France et dans le monde à la fin des années 1960, touche également Amiens. D'abord, une manifestation opposée à la Guerre du Viêt Nam est organisée le 21 octobre 1967. Ensuite, alors que la Maison de la Culture avait accueilli le ministre de l'Éducation nationale Alain Peyrefitte en mi-mars 1968, à l'occasion d'un colloque sur l'éducation, les étudiants amiénois emboitent le pas des événements parisiens en défilant les 6 et 7 mai.

Les ouvriers de la Somme rejoignent le mouvement de contestation le 17, tandis que le lendemain, les cheminots de Longueau bloquent les aiguillages. Les ouvriers de Férodo occupent leur usine à partir du 20 mai pour cinq semaines.

Sans connaître d'affrontements comparables aux nuits parisiennes, la ville est rapidement paralysée : l'absence de collecte des déchets ménagers donne aux rues des odeurs nauséabondes, et le département est à court d'essence à partir du 22. Face à ce mouvement de gauche, l'extrême-droite ne reste pas absente : alors que des militants avaient lancé un engin explosif sur la permanence communiste de la ville le 23 décembre 1967, des membres d'Occident s'opposent aux étudiants le 21 mai, devant le cinéma Picardy. Dans la nuit du 27 au 28 mai, les étudiants tentent de prendre la Maison de la Culture. Au lendemain de l'allocution de De Gaulle, ses partisans amiennois défilent le 31 mai, tandis que la reprise s'engage la semaine suivante. La Loi Faure promulguée, l'Université d'Amiens est créée le 26 octobre suivant<ref>Antoine Caux, Jean-Christophe Fouquet et Nicolas Lejeune, « 2008, souvenirs de mai », JDA Métropole no 487 du 28 mai 2008.</ref>.

Depuis les années 1970

Dans les années 1970, la ville achète peu à peu les maisons du quartier Saint-Leu et le rénove dans les années 1980. Dans les années 1990, le parc Saint-Pierre est réaménagé et une partie l’Université de Picardie s'installe dans de nouveaux bâtiments, au pied de la cathédrale, tandis que le quartier nord fait l'objet d'aménagements importants. Ces quinze dernières années, la ville s'est également développée à travers le quartier commercial de la Vallée des vignes, au sud de la ville.

Depuis 2006, un vaste programme de réaménagement du quartier de la gare, le projet Gare la Vallée, est en cours<ref>lien vers la plaquette de présentation</ref>. Depuis juin 2008, la vaste transformation architecturale de la place de la gare permet de faciliter l'accès à la gare aux personnes à mobilité réduite et d'assurer une continuité piétonne entre l'hôtel de ville et cette dernière, au prix d'une polémique sur la qualité de la mise en valeur de l'œuvre de Perret.

Démographie

Les habitants d'Amiens s'appellent les Amiénois ou les Amiénoises<ref>Habitants.fr, « Nom des habitants des communes françaises ». Consulté le 12 juillet 2008</ref>. Le nom jeté des habitants est les maqueux d'gueugue (les mangeurs de noix).

La population d'Amiens a connu une forte augmentation depuis le milieu du XIXe siècle où la population a doublée en un siècle. Amiens est la ville la plus peuplée de la région, avec 136 105 habitants en 2006.

Évolution démographique
(Source : Cassini<ref>http://cassini.ehess.fr/ Population par commune avant 1962 (résultats publiés au journal officiel ou conservés aux archives départementales)</ref> et INSEE<ref>INSEE : Population depuis le recensement de 1962</ref>,<ref>INSEE : Population légale 2006</ref>)
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
40 000 41 279 39 853 41 107 45 001 46 129 47 117 49 591 52 149
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
56 687 58 780 61 063 63 747 66 896 74 170 80 288 83 654 88 731
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
90 758 90 920 93 207 92 780 91 576 90 211 93 773 84 761 92 506
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 - -
105 433 117 888 131 476 131 332 131 872 135 501 136 105 - -

Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

</div>


Histogramme
(élaboration graphique par Wikipédia) <timeline> Colors=

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Administration

Période contemporaine

Depuis le 16 mars 2008, le maire d'Amiens est Gilles Demailly ; succédant à Gilles de Robien, il a été élu avec 56,21 % des voix. Il est également président de la communauté d'agglomération Amiens Métropole.

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