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Vendredi 25 Mai 2012
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La salle des profs ou les coulisses du ciel

La salle des profs ou les coulisses du ciel

Théâtre le passage vers les étoiles (petite salle), Paris

Les profs sont des poètes,
les profs sont des artistes.
Les profs sont des comédiens la classe est leur théâtre et la salle des profs les coulisses.


Trois personnages en scène.
Deux jeunes professeurs, une femme, un homme. Elle professeur de lettres, lui professeur de
mathématiques.
Il est dans l'univers des chiffres, de la rigueur, de l'absolu, de la poésie.
Elle est dans le monde des lettres, de la poésie, des histoires où se mêlent le faux et le vrai, où
tout peut s'arranger avec un mot de plus.
Leurs cours se contredisent, dialoguent, finissent par se rejoindre... dans la poésie.
Le troisième personnage est un vieux professeur qui n'arrive pas à raccrocher. Il est devenu le
gardien, le cerbère de la Salle des profs. Et il en livre le secret, comme les vieux comédiens
livrent celui des coulisses. Il est la mémoire du lieu, le fil... rouge comme le rideau de scène."
Avec: Jean-Christophe Béranger, Aymeric Hammad et Anne Durand

Avec Compagnie La Marotte
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Fiche

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Informations:
Artiste(s):
Compagnie La Marotte

Auteur(s):
Christiane Renauld

Mise en scène:
Anne Durand

Durée:
1h00

Site web:

Age mini:
10 ans

Son et lumières:
Anne Durand

Langue:
Français

Costumes et maquillages:
Pierre-Jean Beray et Anne Durand

 
Presse:
Sur les planches, une salle des profs !
THEATRE / dimanche 9 novembre par JACQUES-MARIE BOURGET
Antoine Blondin ne franchissait le boulevard Saint Germain que pour aller à Tokyo. Bien obligé : qui voulait gagner le Japon devait alors se rendre à Orly. Le reste de ses jours il les passait, Chabrol dans son fort, cantonné à un choix, celui de tuer le temps, c’est-à-dire sa vie, obligé de trancher entre l’alcool du « Bar Bac » ou celui du « Courrier de Lyon ». Animé par l’esprit d’aventure, contrairement à Monsieur Jadis, c’est volontiers que je m’aventure dans des coins où je me demande ce que je fais… Sans doute pour observer les singes qui, en hiver, quittent la savane pour s’abriter dans les forêts de la ville ?
Que faisais-je donc dans le 11e, pas très loin du mur de ces Fédérés qu’on ne vénère pas assez ? Je sais seulement qu’il était tard et qu’il pleuvait. Rue du Chemin vert, qui n’était pour moi qu’une rue vers ailleurs, j’ai pris à droite comme si ce virage allait me faire échapper à la pluie. Paf ! Une impasse mouillée avec au bout une lumière comme celle d’un phare. C’était un petit théâtre baptisé « Le Passage vers les étoiles ». La lumière ne venait donc pas d’un amer, mais de cette voie lactée. La toiture de l’édifice étant en bon état, on y était au sec. Dans une toute petite salle commençait une pièce : « La salle des profs » ou « Les Coulisses du ciel ». Logique, le passage vers les étoiles ne passe-t-il pas par les coulisses du ciel ? Coup de chance, puisqu’on ne donnait pas une œuvre de Yasmina Reza, à laquelle je préfère le typhon Nino. Je pouvais rester et attendre le go d’eau, le top départ de la fin de la pluie.
DU THEATRE SANS BAIGNOIRE
En compagnie d’une petite cinquantaine de spectateurs qui, munis d’imperméables et de pépins n’étaient pas là pour fuir les nuages, j’ai passé un moment inattendu. Et bien cru que Pinget, Becket, Dubillard ou Billetdoux, lassés de leurs limbes, avaient un rendez-vous secret. « La Salle des Profs » est un titre nul qui cache un texte jubilatoire, étonnant, émouvant. BHL et Xavier Bertrand diraient « moderne » En parallèle, en tout cas sans dialoguer, deux personnages, un matheux et une littéraire, soliloquent sur l’infini valeur et le dérisoire de la connaissance. Sur le poids du savoir et sa légèreté. Sur les parallèles qui, contrairement à ce qui se passe dans une chanson de Brel, ne sont pas faites pour se rencontrer. Un troisième homme dont on ignore s’il est balayeur ou prof aussi, est là pour nous rappeler la matérialité, celle de l’odeur de l’encre, la poussière de la craie, l’inconfort des bancs : l’école éternelle.
Dans ce théâtre sans baignoires, je me sens Archimède ou Platon, ce qui ne m’arrive pas souvent, même les jours où il fait humide. Les mots sont savants sans être ridicules, leur enfilage est drôle, loufoque et grave. L’auteur, Christiane Renaud jusque là connue pour sa connaissance du grec et ses livres érudits, et aussi quelques romans, a eu raison de sortir de ses dictionnaires pour mettre du désordre dans tous ces mots trop sages. Les trois acteurs, Boris Van Overtveldt, Simon Gourfink et Anna Durand sont bons, et l’actrice accomplit une seconde performance, minimaliste, en réglant une mise en scène astucieuse, sans espace et sans moyens. Maintenant si vous voyez un type traîner sans pébroque dans le 11e les jours de pluie, c’est moi.
 

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