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Vendredi 25 Mai 2012
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Informations: Artiste(s): NATHALIE JOLY & JEAN PIERRE GESBERT Auteur(s): NATHALIE JOLY Mise en scène: Jacques Verzier Compositeur(s): Yvette Guilbert.... Durée: 1H10 Site web: Age mini: 4 ans Age maxi: 99 ans Langue: Français
Lieu :
Théâtre de la Tempête Route du Champ de manoeuvre Cartoucherie 75012 Paris, France A noter: Sortie du CD – livre c/o Seven doc Réunissant la correspondance inédite entre Freud et Yvette Guilbert Possibilité de restauration sur place dès 20h
Presse:
-« Un savoureux et très beau spectacle de Nathalie Joly sur l’admiration musicale que Freud vouait à Yvette Guilbert » France Culture David Jisse - L’oreille d’un sourd -Sigmund Freud et l’interprétation d’Yvette Récital. A la Cartoucherie de Vincennes, Nathalie Joly exhume le répertoire d’une reine du café-concert, muse du psychanalyste. Aux murs de son bureau, au 19 Berggasse à Vienne, Sigmund Freud aurait eu deux portraits de femme : Lou Andreas-Salomé et la chanteuse française Yvette Guilbert. Le père de la psychanalyse fan de chansonnettes ? Hé oui. En 1890, en stage à Paris auprès du célèbre docteur Charcot, Freud découvrit la chanteuse à l’aube de sa carrière, avant qu’elle ne devienne la reine du café-concert, une célébrité adulée par le Tout-Paris des peintres et des écrivains. De 1926 à 1939, le praticien viennois entretint une correspondance avec Yvette Guilbert, et c’est de ce matériau, inédit, que Nathalie Joly a tiré un spectacle débordant d’humour et d’intelligence, qui fait oublier l’inconfort de la salle où il se déroule. On comprend ce qui a fasciné Freud dans le répertoire de la chanteuse : le dédoublement de personnalité qui permet d’incarner chaque personnage («des coquettes, des femmes vertueuses, des criminelles, des ingénues», énumère-t-il dans une des lettres), la liberté (souvent autorisée par l’humour) à l’heure d’aborder l’adultère, la sexualité ou le témoignage d’un certain féminisme. Ce qui fit d’Yvette Guilbert la plus grande chanteuse de son époque, c’est d’abord son art d’interpréter, dans un chanté parlé tout en nuances. Ses «tubes» (le Fiacre, Madame Arthur) sont des petits chefs-d’œuvre d’ironie vacharde, mais elle excella aussi dans le mélodrame, sans tomber dans le pathos des chanteuses réalistes. Notamment avec la Glu, sidérant conte gothique mâtiné de gore (texte de Jean Richepin, musique de Charles Gounod). Le spectacle enchaîne sans temps morts chansons et extraits de lettres (le musée Freud de Vienne en conserve 18, écrites entre 1926 et 1938), et intermèdes dialogués entre Nathalie Joly et son pianiste. Un siècle après leur création, on rit encore à l’écoute de l’Eloge des Vieux ou de l’Hôtel du numéro 3.«A table ceux qui veulent des serviettes/ Descendent avec leurs draps/ Et c’est le chien qui fait la vaisselle/ A l’hôtel du numéro 3». Libération 18 décembre 2008 France Culture L’oreille d’un sourd David Jisse, avril 2008 « Un savoureux et très beau spectacle de Nathalie Joly sur l’admiration musicale que Freud vouait à Yvette Guilbert….. la chronique de David Jisse reprend la fameuse question du divorce entre musique et psychanalyse, à l'occasion du savoureux spectacle de Nathalie Joly chantant la relation amicale d'Yvette Guilbert et Sigmund Freud que nous mentionnions la semaine dernière, et qui sera repris au prochain Festival d'Avignon….. Freud écrivait d’ailleurs : "Peut-être faut-il déclarer que l’oreille analytique écoute le signifiant, non les sons ni les accords, et qu’il y a deux voix, la voix qui parle et la voix qui chante. Peut-être la musique n’est-elle d’aucun usage en psychanalyse." Cette modeste chronique ne pourra pas répondre à toutes les questions qui se posent, mais j’avais envie de donner la parole à Yvette Guilbert dont le beau spectacle de Nathalie Joly a inspiré ma chronique….. » SIGMUND FREUD ET L’INTREPRÉTATION D’YVETTE Récital : À la Cartoucherie de Vincennes, Nathalie Joly exhume le répertoire d’une reine du café-concert, muse du psychanalyste.…. Aux murs de son bureau au 19 Berggasse à Vienne, Sigmund Freud aurait eu deux portraits de femme : Lou Andréas Salomé et la chanteuse Yvette Guilbert. Le père de la psychanalyse fan de chansonnettes ? Hé oui. En 1890, en stage à paris auprès du célèbre docteur Charcot, Freud découvrit la chanteuse à l’aube de sa carrière, avant qu’elle ne devienne la reine du café-concert, une célébrité adulée par le Tout-Paris des peintres et des écrivains. De 1926 à 1939, le praticien viennois entretint une correspondance avec Yvette Guilbert, et c’est de ce matériau, inédit, que Nathalie Joly a tiré un spectacle débordant d’humour et d’intelligence, qui fait oublier l’inconfort de la salle où il se déroule. On comprend ce qui a fasciné Freud dans le répertoire de la chanteuse : le dédoublement de personnalité qui permet d’incarner chaque personnage (« des coquettes, des femmes vertueuses, des ingénues » énumère-t-il dans une des lettres), la liberté (souvent autorisée par l’humour) à l’heure d’aborder l’adultère, la sexualité ou le témoignage d’un certain féminisme. Ce qui fit d’Yvette Guilbert la plus grande chanteuse de son époque c’est d’abord son art d’interpréter, dans un chanté parlé tout en nuances. Ses « tubes » (Le fiacre, Madame Arthur) sont des petits chefs d’oeuvre d’irone vacharde, mais elle excella aussi dans le mélodrame, sans tomber dans le pathos des chanteuses réalistes. Notamment avec la Glu, sidérant conte Gothique mâtiné de gore (texte de Jean Richepin, musique de Charles Gounod). Le spectacle enchaîne sans temps morts chansons et extraits de lettres (Le musée Freud de Vienne en conserve 18, écrites entre 1926 et 1938), et intermèdes dialogués entre Nathalie Joly et son pianiste. Un Siècle après leur création, on rit encore à l’écoute de l’Eloge des vieux ou de l’Hôtel du numéro 3. «A table ceux qui veulent des serviettes, avec eux descendent leurs draps/Et c’est le chien qui fait la vaisselle/A l’hôtel du numéro 3». FRANCOIS XAVIER GOMEZ 18 décembre 2008 Valérie Marin la Meslée Yvette Guilbert et Freud, réunis par leurs lettres dans ce spectacle de Nathalie Joly, c'est le Paris que le psychanalyste aimait, ses dits et non-dits, servis sur plateau. Cette correspondance inédite est à retrouver sur un CD-livre (« Je ne sais quoi », Seven Doc), entre deux chansons du spectacle. « Dites-moi que je suis belle » était celle que Freud préférait... Le 11 décembre 2008 « D’après les chansons d’Yvette Guilbert et sa correspondance avec Freud. Yvette Guilbert , Reine incontestée du caf’conc’ dans le Paris de 1890, incarne pour Freud le Paris de sa jeunesse. Il admire l’humour, la tendresse et la cruauté des textes, comme en témoigne laur correspondance inédite. Nathalie Joly, actrice et chanteuse, met en chansons et en mots la rencontre improbable mais réelle de ces deux personnages ». S.B.-G 3 décembre 2008 Les surprises de la cartoucherie de Vincennes…. A la Tempête, autre théâtre de la Cartoucherie, on peut savourer "Je ne sais quoi" où la chanteuse Nathalie Joly dont la voix comme la diction au phrasé acidulé sont purs délices, chante le répertoire d'Yvette Guillbert, interprète au répertoire souvent coquin et amie de Freud (qui demanda à la revoir lorsque fuyant l'Autriche, il séjourna quelques jours à Paris chez Marie Bonaparte). Dirigée avec une délicieuse malice par Jacques Verzier et accompagné au piano par l'espiègle Jean-Pierre Gesbert, Nathalie Joly émaille son tour de chant de lettres que la glorieuse vedette de music- hall échangea avec l'inventeur de la psychanalyse. Un moment divin. (…Je ne sais quoi jusqu'au 20 décembre Théâtre de la Tempête) JOSHKA SCHIDLOW Allegro Théâtre le 29 novembre 2008 Dominique Darzacq : Quand le sexe a de l’esprit 11-12-2008 Yvette Guilbert fut cousette, vendeuse, mannequin avant de devenir à la fin du XIXe siècle la reine incontestée du caf’conc, où elle i inventa le style « parlé chanté » qui enchanta Gounod et séduisit Freud qui eut l’occasion de l’entendre à l’Eldorado alors qu’il était venu travailler avec Charcot à la Salpetrière. Des années plus tard, la chanteuse et le psychanalyste se rencontrèrent à Vienne, entre eux s’installa une amitié forgée d’admiration mutuelle et scellée d’échanges épistolaires où il était question de ce qui les préoccupait tous deux, notamment le sexe, « cette terre inconnue où poussent les racines de l’esprit ». « Schnitzler et Yvette Guilbert m’ont tous deux précédé dans l’exploration du psychisme humain » se plaisait à dire Sigmund Freud qui prétendait ne pas aimer la musique mais ne cachait pas son admiration pour la chanteuse dont il appréciait fort les chansons. Ce qui, derrière la grivoiserie des couplets, affleure comme pénombre de l’âme ne pouvait laisser indifférent le père de la psychanalyse qui dans une lettre s’interroge : « pourquoi frémit-on en entendant La Soiffarde, ou pourquoi répond-t-on oui avec tous ses sens à la question : ?dites-moi que je suis belle? (1) » Délicieusement coquin C’est sous le signe de cette relation que Nathalie Joly, comédienne et chanteuse a imaginé un spectacle parlé-chanté, ingénieuse chimère de théâtre poussée sur le tréteau du cabaret. Accompagnée du pianiste et complice Jean-Pierre Gesbert, gouaille et coquetterie mêlées, elle nous propose une virée cruelle et mutine au cœur d’un répertoire dont certains titres tels Madame Arthur ou Le Fiacre appartiennent désormais à la mémoire collective. Grisette chantante à la voix souple, elle n’est pas Yvette Guilbert mais en suggère finement tous les sucs à travers une galerie de croqueuses d’hommes et de personnages dont les aveux et les déboires provoquent dans un même mouvement le rire et l’indulgence. Même si on peut regretter que la chanson couvre la voix de Freud, ce Je ne sais quoi subtilement coquin possède un charme délicieusement irrésistible. Ne résistez pas courez-y, vous ne le regretterez pas. CHRONIQUE PARISIENNE :UN DOUBLE RETOUR ATTENDU Que voir ? Où sortir ? L’actualité parisienne sera marquée cette semaine par un double retour attendu. Valérie Lemercier au palace ….et Je ne sais quoi, spectacle de Nathalie Joly, d’après les chansons d’Yvette Guilbert et sa correspondance avec Freud. Oui, la reine du « caf’conc’, la chanteuse diseuse la plus célèbre qui soit (1865-1944) qui conquit Paris par son intelligence et exporta loin son art pendant un demi-siècle, correspondit longtemps avec Freud. Le père de la psychanalyse vouait une réelle admiration à celle qui disséquait si bien l’âme humaine en musique, et leurs lettres méritent découverte. Mais qu’on se rassure, c’est ici un récital qu’on vient entendre. Agrémenté, certes, de quelques clins d’œil à cette belle correspondance sous forme de dialogues avec le pianiste Jean-Pierre Gesbert. Mais c’est bien avant tout des chansons et des meilleures. Interprétées et mises en scène par Nathalie Joly et Jacques Verzier. Pour chanter l’éloge des vieux ou la femme face à ses rides, facéties et sous entendus gaillards, la vie des mondaines, les secrets ou détresses les plus intimes des femmes autant de thèmes qui constituent le répertoire d’Yvette Guilbert, cette artiste exquise fait merveille. Nathalie Joly a conçu un spectacle savoureux et dense, dont on adorerait qu’il ne finît point. Claire Moreau - 1er décembre 2008 Avignon juin/juillet - 2008 Je ne sais quoi Nathalie Joly a conçu un spectacle de chansons inspiré par la correspondance d’Yvette Guilbert avec Freud. Son portrait figurait juste à côté de celui de Lou Andréas Salomé. C’est dire si Freud avait une haute estime d’Yvette Guilbert. Il a ainsi entretenu une correspondance avec la chanteuse de cabaret. Nathalie Joly redonne vie à cette amitié en interprétant une sélection de chansons, depuis Dites moi que je suis belle (la préférée du psychanalyste) jusqu’à D’elle à lui. Ou comment la grivoiserie sensible du cabaret n’est pas si éloignée des théories viennoises sur la sexualité. Antoine Pecqueur FLUCTUANET Sacrée Yvette ! Il est des spectacles qui ont le goût rose thé, légèrement sucré du souvenir. « Je ne sais quoi », présenté jusqu’au 20 décembre au Théâtre de la Tempête, est de ceux-là. Pendant une heure, Nathalie Joly évoque celle que Freud jeune, de passage à Paris, admira au caf’ conc’ : Yvette Guilbert. C’est à l’occasion de son 150è anniversaire que la Société Psychanalytique de Paris fit la commande de ce spectacle. Guilbert et Freud, en effet, ont entretenu une correspondance (que l’on retrouve dans le livre-CD du spectacle) où l’un et l’autre comparent leur vision de l’acte d’interprétation. L’artiste cherche-t-il à exprimer ce qu’il n’est pas ? Ou au contraire dévoile-t-il malgré lui des parts cachées de sa personnalité ? Vaste et intéressant débat. « Je ne sais quoi », tout en convoquant la gestuelle et la gouaille de Guilbert, s’appuie sur une réelle maîtrise de son interprète. Comme jamais, Nathalie Joly excelle dans le « chanté parlé » qui font d’elles une rare « chanteuse de théâtre », sans les vibratos lyriques mais avec des changements de registre vocal qui paraissent on ne peut plus naturels. Guilbert en était la reine. Une partie du public, chenu, fredonne avec l’artiste les airs qui ont vaincu le temps dans le répertoire des chansonniers : « Madame Arthur » (d’où le spectacle tire son titre), « Le fiacre » (que Mireille et son petit Conservatoire ont porté à l’écran). Les plus jeunes trouveront sans doute un peu décalées ces histoires d’amants sorties tout droit d’un Toulouse-Lautrec. Mais justement, c’est un bond dans le temps qui nous est offert là, sans besoin de technologie avancée, par le seul charme de la citation, de l’élégance et de la « vérité », si chère à Guilbert. Floriane Gaber 30-11-2008 Revue Œdipe Laurent Le vaguerèse Le 24 novembre 2008 …..À l’occasion d’un colloque organisé par la Société Psychanalytique de Paris, Paul Denis l'organisateur du colloque avait alors eu l’idée de proposer aux participants d’assister à un spectacle composé de chansons d’Yvette Guilbert. C’est ce spectacle revu et augmenté de plusieurs chansons et de plusieurs lettres de Freud qui nous est proposé aujourd’hui. Spectacle amusant et pétillant interprété par Nathalie Joly accompagnée par Jean-Pierre Gesbert au piano, qui nous replonge dans ces petites scènes amusantes ou émouvantes, un rien grivoises, qui ne devaient pas manquer d’évoquer à Freud les souvenirs de sa jeunesse. Comme devait le rappeler Alain de Mijolla au cours de discussion qui a suivi la première du spectacle Freud n’était pas un puritain et les chansons d’Yvette Guilbert, même si elle devait se méfier de la censure, parlaient vrai de la misère, des bourgeois et du sexe…. Un Cd reprenant les chansons ainsi que les lettres de Freud est également en vente. La ballade du temps jadis… L Yvette Guilbert, la grande « diseuse » de cabaret, hanta l’imaginaire de Lautrec et de Sym au même titre que la Goulue. Cette figure emblématique du Paris du tournant du siècle dernier, qui faisait défiler au gré de ses chansons une palette de portraits vivants et colorés, est aujourd’hui très méconnue. Certaines de ses chansons reprises par Brassens ou Barbara ont traversé le temps, mais son nom est tristement tombé dans l’oubli. Heureusement, il y a des chanteuses comme Nathalie Joly et des pianistes comme Jean-Pierre Gesbert : des amoureux capables de servir autant que d’enrichir un répertoire comme celui d’Yvette Guilbert et de nous replonger dans une magie sans âge. Le voyage commence à la sortie du métro : la navette de la Cartoucherie attend les spectateurs. Nous embarquons et, devant le spectacle du bus désert, les bras m’en tombent et je m’exclame: « Oh ! Un vieux bus !». Tout me revient alors en mémoire : les sièges en Skaï marron clair avec une poignée au sommet, le miroir rond et concave, le sol en linoléum brun foncé avec des reliefs antidérapants… Je n’ai que quelques années et je tiens la main de ma maman qui vient de venir me chercher à la maternelle… Le voyage commence. Puis c’est l’arrivée à La Cartoucherie, un des plus merveilleux endroits du monde, où je jurerai que l’on peut rencontrer fées et farfadets, où la magie se palpe ; où l’on rêve les yeux ouverts dans ce gigantesque corps de ferme qui sent bon le cheval et la terre. Nous entrons dans une petite salle toute vêtue de rideaux pourpres et noirs. Une scène et un piano. Rien d’autre. Ah, si ! Une chaise… Et le charme opère. Axé sur la correspondance que la chanteuse française échangea avec Sigmund Freud, le spectacle est conçu avec une légèreté et une fluidité très surprenantes. Par un savant découpage des lettres et un jeu tout en finesse, Nathalie Joly et Jean-Pierre Gesbert nous font découvrir des aspects insoupçonnés de ces deux grands personnages : la fragilité du professeur et la profondeur intellectuelle de la chanteuse. Mais, au-delà de l’aspect passionnant du documentaire, il y a l’interprétation de Nathalie Joly et l’univers chatoyant des chansons d’Yvette Guilbert. Le choix en est cruel mais judicieux, offrant tout le panel de son répertoire mêlant la légèreté à la critique la plus amère. Plus les morceaux se succèdent, entrecoupés d’intermèdes finement menés où des bribes de lettres viennent situer le personnage d’Yvette Guilbert et l’enrichir d’intimité, plus le spectateur s’étonne de la capacité de l’interprète à moduler sa voix et ses expressions, à jouer ses chansons. En cela, nous retrouvons la gouailleuse Parisienne, âpre chanteuse de cabaret, qui n’avait froid ni aux yeux ni au cœur. Celui qui ne connaît pas l’œuvre originale n’aura, il est vrai, pas le même regard sur le spectacle. Il sera moins critique et le recevra comme une expérience neuve, vierge de toute attente et de toute appréhension. En entendant les premières notes d’une chanson, il ne se dira pas : « Tiens, elle est superbe celle-là, je suis curieux de voir comment elle va s’en sortir ! ». Mais, qu’à cela ne tienne, le connaisseur sera bien surpris ! Si la salle se prête à merveille à l’ambiance de cabaret, ce n’est pas elle qui nous catapulte au Moulin rouge, qui nous fait rencontrer Mme Arthur, la saoularde, les étudiants de l’hôtel du nº 3, qui nous conte des histoires d’amour en pagaille, qui nous transporte du rire aux larmes ! Non seulement Nathalie Joly, dont le chant impeccable trahit une formation lyrique des plus solides, joue avec un bonheur palpable de toutes les ficelles du cabaret, mais en plus elle nous ravit par son interprétation toute personnelle du répertoire d’Yvette Guilbert. On est content qu’elle ne cherche pas à l’imiter, mais qu’elle s’en inspire pour lui donner une dimension actuelle et moderne sertie d’une puissance émotionnelle remarquable. Elle fait revivre le Paris du tournant du xixe siècle, le rendant tangible et accessible pour tout spectateur doté d’un peu d’imagination. Ah les voyages ! On en revient toujours un peu plus riche. ¶ Lise Facchin, journal web “Les trois coups”, le 11 décembre 2008 EVASION MAGAZINE Par Annie Ravier ….ce récital de Nathalie Joly réconcilie avec le "beau parlé", selon Y.Guilbert elle-même, avec "la science d'allumer et d'éteindre les mots".?Ce spectacle est fondé sur l'admiration musicale que Freud vouait à Y.Guilbert.?J'ai retrouvé, en écoutant N.Joly, les derniers échos de la chanson réaliste, cette authenticité qui a séduit Freud, ce retour aux années 30/40, ce "parlé-chanté" qui évoque les inégalités sociales de ces années-là, et qui fait revivre tout un patrimoine ancestral d'œuvres qu'Yvette Guilbert a su redécouvrir, que Nathalie Joly perpétue grâce à son talent, en reprenant en particulier des chansons cultes de cette période de l'Entre-Deux-Guerres.?Un très bon moment de spectacle. Juillet 2008 CritiquesPour ajouter une critique, vous devez être connecté.
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